Note de l'éditeur :
La photographie de rue rejoint l’ADN de Thypoch : authenticité, exploration et liberté sans limites. Nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec le photographe professionnel iranien Amirhossein Darafsheh. Pour lui, chaque photo de rue est une phrase d’un récit plus vaste. Il explique comment choisir un sujet dans le tumulte de la rue et trouver l’équilibre entre saisir un instant spontané et affirmer sa vision artistique.
Informations personnelles
1、Thypoch : Quel est votre métier et où êtes-vous basé ?
Amirhossein Darafsheh : Je suis photographe et graphiste à Téhéran, en Iran. Mon travail mêle récit visuel et sensibilité graphique. Je prends souvent pour toile de fond l’environnement urbain de Téhéran, à la fois vivant et complexe.
2、Thypoch : Que signifie la photographie de rue pour vous personnellement ? Comment définissez-vous ses limites ?
Amirhossein Darafsheh : La photographie de rue, pour moi, est une exploration des moments bruts et non scénarisés de la vie. C'est l'art de trouver la beauté dans l'ordinaire—un moyen de se connecter avec le monde et de documenter son rythme. Dans ma photographie, j'aspire à capturer l'essence de la vie quotidienne.
Les frontières de la photographie de rue restent souples. Elle trouve un terrain fertile dans l’espace public, mais elle repose avant tout sur l’authenticité et les liens humains, au-delà d’une définition stricte du lieu ou du sujet. À Téhéran, il ne suffit pourtant pas de prendre son appareil et de sortir. Dans de nombreux quartiers, photographier est considéré comme illégal et les gens hésitent souvent à se laisser prendre en photo.Photographier la rue à Téhéran, c’est affronter directement le risque. Mais c’est précisément ce défi qui nourrit ma passion.
3、Thypoch : Qu'est-ce qui attire votre attention sur un moment ou un sujet particulier dans le chaos des rues ?
Amirhossein Darafsheh : Je suis attiré par les contrastes—lumière et ombre, mouvement et immobilité, espoir et désespoir. Souvent, un échange fugace, une expression ou un détail laisse entrevoir une histoire plus vaste. Je recherche ces instants qui ne reviendront pas, où le banal devient poétique ou surréaliste.
4、Thypoch : Comment trouvez-vous l’équilibre entre saisir un instant spontané et affirmer votre vision artistique dans une scène ?
Amirhossein Darafsheh : C'est un équilibre délicat entre observation et intention. Bien que je m'efforce de laisser le moment se dérouler naturellement, ma vision artistique façonne la manière dont je cadre, compose et interprète la scène. Il s'agit de créer un dialogue entre ce qui est et ce qui pourrait être, en préservant la vérité de l’instant tout en y apportant mon regard.
5、Thypoch : Quel rôle joue la narration dans votre travail ?
Amirhossein Darafsheh : La narration est au cœur de mon travail. Chaque image est une phrase d’un récit plus vaste : le caractère d’une ville, la résilience de ses habitants ou les petits drames du quotidien. Je veux susciter la curiosité et l’émotion, laisser le spectateur imaginer ce qui se passe au-delà du cadre. Téhéran a une histoire mouvementée, riche en événements. En y vivant et en y travaillant, j’ai le sentiment que photographier revient à documenter l’histoire en train de s’écrire.
6、Thypoch : Comment choisissez-vous vos lieux de prise de vue ? Ont-ils un sens pour votre récit ou les choisissez-vous pour leur seul intérêt visuel ?
Amirhossein Darafsheh : Mon choix de lieu est à la fois intuitif et délibéré. Parfois, un lieu fait écho au récit que je veux explorer : une rue chargée d’histoire ou un marché plein de vie. D’autres fois, c’est uniquement un jeu de lumière, de formes ou de textures qui m’attire. À Téhéran, il faut toutefois souvent choisir avec soin, en tenant compte de ce qui est autorisé et du risque encouru. La ville et sa géographie imposent un regard particulier. Y travailler est à la fois un défi et un privilège.
7、Thypoch : Qui ou quoi a été la plus grande influence sur votre parcours en photographie de rue ?
Amirhossein Darafsheh : C’est Téhéran elle-même qui m’a le plus influencé. La ville est chaotique et poétique, dure et tendre. Ces contrastes reflètent la complexité de la vie et m’inspirent sans fin. Photographier à Téhéran, et en Iran en général, n’est pas facile pour tout le monde. Pour moi, ces difficultés renforcent encore mon attachement à ce travail.
En ce qui concerne d'autres influences, je puise mon inspiration auprès de photographes de rue légendaires comme Henri Cartier-Bresson, Joel Meyerowitz, Saul Leiter, Garry Winogrand, et Alex Webb. Leur manière de saisir la complexité de la vie avec profondeur et sens artistique me touche profondément.
Je ne peux pas non plus parler de mes photographes préférés sans mentionner le défunt Abbas Kiarostami, mon cher mentor. Photographe essentiellement minimaliste, connu pour ses images évocatrices de la nature, il a profondément changé ma vie lorsque j’ai participé à son atelier de cinéma en 2008. Il m’a transmis une manière de voir qui a transformé mon regard pour toujours. Son influence dépasse largement la technique : il m’a appris à ressentir et à interpréter le monde à travers l’objectif. Je lui en serai toujours reconnaissant.
Mon histoire avec Thypoch
1、Thypoch : Quelle est votre impression générale de Thypoch ?
Amirhossein Darafsheh : Mon impression est très positive. L’objectif que la marque m’a confié l’an dernier a pris une telle place dans mon travail qu’il n’a plus quitté mon appareil. La fabrication est excellente et les images ont un caractère singulier que j’apprécie beaucoup. J’ai l’impression d’utiliser un outil qui comprend les besoins subtils du photographe et enrichit aussi bien la qualité technique que les possibilités artistiques de mon travail.
J’utilise les objectifs Thypoch depuis presque le début, avant même leur commercialisation officielle. J’ai ainsi eu le privilège de voir la marque grandir et réussir. Voir ses objectifs, notamment les 50mm, 35mm et 28mm, reconnus pour leur qualité exceptionnelle m’a procuré beaucoup de satisfaction. Ce qui m’enthousiasme encore davantage, c'est que des photographes renommés choisissent désormais les objectifs Thypoch même de préférence aux objectifs Leica—un témoignage de leur savoir-faire et de leur performance.
2、Thypoch : Quelles sont vos attentes pour le développement futur de Thypoch ?
Amirhossein Darafsheh : Je pense que Thypoch peut devenir une référence de la photographie en continuant à innover et à améliorer ses objectifs déjà excellents. Voir la marque grandir et ses produits appréciés par les photographes du monde entier est très enthousiasmant.
J’espère que Thypoch continuera d’élargir sa gamme sans renoncer à son haut niveau d’exigence. Ses objectifs répondent déjà à de nombreux styles de prise de vue. De nouvelles avancées pourraient en faire un choix encore plus évident pour les photographes qui cherchent polyvalence et liberté créative. Si la marque reste fidèle à sa vision et aux besoins des photographes, je suis convaincu qu’elle continuera à progresser.
Thypoch : Quelle rencontre ou réaction vous a le plus marqué lors de vos prises de vue dans la rue avec le Simera 35mm f/1.4 ?
Amirhossein Darafsheh : Le design d’inspiration vintage du Simera 35mm f/1.4 éveille toujours la curiosité. Un jour, alors que je photographiais dans un parc, un homme âgé s’est approché et m’a parlé de l’époque où il utilisait des appareils argentiques. Il était fasciné par cet objectif qui semblait venir de plusieurs décennies en arrière, alors qu’il reposait sur une technologie moderne.
Nous avons longuement parlé de la photographie au fil des générations. Il m’a même raconté quelques souvenirs de ses années de photographe amateur. Ce genre de rencontre fait du Simera 35mm f/1.4 à la fois un outil photographique et un lien entre les personnes qui partagent la passion de cet art.
3、Thypoch : Pourriez-vous partager 3 photos prises avec un objectif Thypoch et raconter leur histoire ?
Amirhossein Darafsheh : Choisir parmi mes propres photos n’est jamais facile, mais ces trois images de l’année passée me tiennent particulièrement à cœur. Chacune résume ce que j’aime le plus dans la photographie de rue : saisir des instants fugaces qui ne reviendront pas.

Les Chaussures Rouges (Fujifilm X-pro3 + Simera 35mm f/1.4)
Cette photo saisit un instant calme mais puissant, où le chaos côtoie la simplicité. Les chaussures d’un rouge éclatant et les fleurs éparpillées sur le trottoir racontent une histoire dont le sens reste ouvert. Cette fragilité du quotidien n’a duré qu’un instant ; la scène ne se présentera plus jamais ainsi. C’est cette beauté passagère que je cherche à trouver et à préserver dans mon travail.

La Dame Rouge (Fujifilm X-pro3 + Simera 35mm f/1.4)
Sur cette image, une femme rousse prend une photo tout en marchant devant un mur couvert de figures abstraites saisissantes. Son mouvement s’accorde parfaitement avec la fresque : la composition semble fortuite, mais tout s’harmonise. C’est un de ces instants rares qui ne se reproduisent pas, où tout tombe juste : le bon endroit, le bon moment. Cette image révèle le lien singulier entre les personnes et leur environnement urbain, un lien qui m’attire toujours dans la photographie de rue.

Le Cerf-volant (Fujifilm X-pro3 + Simera 35mm f/1.4)
Cette photographie saisit un instant tendre entre un père et sa fille sur la place historique Naqsh-e Jahan, à Ispahan. Ils savourent le plaisir simple de faire voler un cerf-volant coloré. Ses teintes vives se détachent sur les motifs complexes des carreaux bleus de la mosquée et les tons chauds des bâtiments environnants. L’objectif Thypoch montre ici toute sa qualité : son remarquable rendu des couleurs anime la scène et renforce l’éclat et le contraste de l’image. La fidélité de ces couleurs rend l’instant encore plus captivant, dans un parfait mélange de grandeur historique et de simplicité quotidienne.
Retrouvez Amirhossein Darafsheh sur Instagram : https://www.instagram.com/daarafsh/
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